The doudouk beyond borders
 

Songs from the world apart
 
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L'interview d'Armand Amar


 LEVON MINASSIAN AND FRIENDS
Titre de l’album : THE DOUDOUK BEYOND BORDERS

Catalogue : “Long Distance”
Production : Armand Amar

Durée : 55:10 minutes, 9 titres

 

 

Ce disque est un pari. Il est le fruit d’un formidable travail d’équipe, né de la volonté de la clarinettiste Carol Robinson qui, comme moi, était tombée amoureuse des notes de Lévon. Il a fallu deux ans pour le réaliser. Nous avons choisi de mêler au doudouk d’autres instruments issus de culture très différentes afin de proposer une nouvelle approche de la musique arménienne. Je voulais, en quelque sorte, la mettre en scène, et que le doudouk joue un rôle unificateur. Pour tous ceux qui s’intéressent aux musiques du monde, il s’agit d’un instrument mythique. Lévon s’est montré enthousiaste. Tout en désirant faire connaître sa culture, il était séduit par cette façon d’ouvrir les frontières, et de ne pas se contenter de copier les anciens. Il a eu le courage de nous faire confiance. Au début, nous avons sélectionné ensemble des mélodies traditionnelles. Nous avons pris soin de rassembler des thèmes d’une grande diversité : chants de labours, chants religieux, balades amoureuses. Lévon a joué sans se préoccuper de ce qu’allaient faire les autres. Très vite, nous avons su quels instruments intégrer à sa musique. C’est une question de timbre. Des musiciens furent trouvés rapidement. Tous sont des spécialistes de musique traditionnelle et certaine ont déjà enregistré avec Long Distance. Et puis , il a fallu tout réunir. Le violoniste indien, par exemple, n’avait jamais entendu de doudouk. Il a écouté un enregistrement toute une nuit, pétrofié d’admiration pour ce son unique. Et a accepté de participer à l’aventure. En fait, tous ces solistes, tampur, ney, piano ou percussions, ont inventé des réponses aux thèmes de Lévon. L’idée c’était que chaque musicien joue comme il le ferait dans sa propre musique, comme s’il accompagnait une voix. Tous ont travaillé d’oreille, sans partition. Pour eux, il s’agissait en somme d’une improvisation sur un thème donné. Quant au synthétiseur, il remplit la fonction du second doudouk, qui, habituellement, joue un bourdon. Mais il ne fallait pas pour autant une enrobage statique.Pour chaque thème, j’ai composé un accompagnement différent. Ce n’est donc pas la musique arménienne qui s’est adaptée à d’autres instruments. Au contraire, ce sont les solistes invités qui ont inscrit un commentaire sur ces notes. Comme le dit parfois Lévon : «Les musiques…Elles doivent se rencontrer un jour ».

ARMAND AMAR

 

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